Nature de la céramique, céramique de la nature
Musée de la Faïence, du 10 novembre 2005 au 19 mars 2006
Jardin d'Hiver, 15-17 rue Poincarré, Sarreguemines

Mise à jour du 16.11.05.
   



 

en parallèle
à l'exposition
de Courbevoie
la galerie Arcanes présente :
"La nature de Jean Girel
en petits formats"
6 avril-30 mai 2006


 
  Jean Girel

 

 

  La nature de Jean Girel

"C'est de l'intérieur que Jean Girel veut traduire la nature. Il veut faire corps d'argile et corps d'émail avec elle, des épousailles en forme d'équivalences poétiques.
Il explore le monde minéral, végétal, animal avec la même passion, jongle entre le temps cosmique et le temps d'une libellule, immisçant sa vie d'homme entre les deux, invite roc et volcan dans son four pour une nuit, offre au millénaire qui vient une fourrure de lièvre qui sera tesson dans dix mille ans, et toujours fourrure de lièvre.
A embrasser si largement la nature on pourrait l'imaginer à l'étroit, à tenter ainsi de la faire tenir dans un bol. Mais de même que Rimbaud se donnait le sonnet pour tout bagage, la liberté liée à ses semelles de vent, de même Jean Girel sait dans chaque bol tout à fait unique contenir une des merveilles du monde.
Le bol, en forme de mains jointes, symbolise le récipient universel. Fermé, il recueille et protège. Ouvert, il redonne. Jean Girel l'entend au propre et au figuré. Dans une bibliothèque la somme des livres, forme restreinte s'il en est, permet d'appréhender toutes les connaissances des hommes à travers les âges et les civilisations. De même ces formes tournées, somme de plus de quarante ans d'observations, de réflexions, de tâtonnements intuitifs, d'expériences, de savoir-faire, d'audaces, le tout remis sans cesse en question, sont une encyclopédie personnelle et poétique des phénomènes de la nature.
A regarder du doigt, à caresser de l'oeil, on voit ici l'aurore et les marais, le lézard et la pierre, la nuit qui luit, la Voie Lactée, de la poussière du big-bang. On entend les volcans craquer, le chant des étoiles, le ressac. Dans le son de la porcelaine, la spirale rose du coquillage raconte les secrets de la mer.
Dans n'importe laquelle de ces pièces satinées on peut déposer mille choses pour le plaisir : des feuilles de verveine fraîche, une aile de papillon, un caillou, un scarabée, un peu d'averse, une éclaircie. Tout leur sied. C'est beau comme la lune dans l'eau, la lave tiède, l'âge d'une tortue, une pierre polie pour converser avec les dieux..."
Martine Gayot, critique d'art

>Extrait du catalogue "Nature de la céramique, céramique de la nature", Editions des musées de Sarreguemines, novembre 2005, en vente 6 euros au musée.

Jean Girel Droits de reproduction et de diffusion réservés © 2004
 
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